mercredi 15 octobre 2008

Langeac et les cimetières

d'après un article de Jean-Claude Duivon

Au temps où Langeac était ville close, les cimetières étaient au centre de la ville comme la mort au centre de la vie.

Notre-Dame et les cimetières (elle se trouvait entre l’actuel coiffeur et le restaurant place de la liberté)

A l’intérieur de cette petite cité vit une population importante et active, qui vivait à l’étroit dans les maisons et côtoyait dans les ruelles les animaux domestiques, tout cela dans une saleté indescriptible.

Dans l’enceinte, l’église romane Notre-Dame était étroite mais par sa longueur s’étendait considérablement sur l’actuelle place de la liberté. Le cimetière s’étendait de la place de la Liberté à la place aux Sabots. Sur le côté Sude de l’église se trouvait le petit cimetière dit de « La Galineue », où étaient enterrés les indigents, les anonymes, les personnes étrangères à la ville… A cette époque, la mortablité était importante en raison du manque d’hygiène et des épidémies. L’église Notre Dame servait également de sépulture aux notables et aux amilles fortunées qui y faisaient aménager des caveaux. Sous les dalles furent enterrés beaucoup d’habitants ; il en fut ainsi pednant six siècles. En 1723, elle devint la Chapelle de l’Hôtel-Dieu.
L’emplacement des cimetières au cœur de la ville était propice aux épidémies : l’eau de pluie en s’infiltrant dans le sol passaient inévitablement par les cimetières jusqu’aux fontaines où les habitants puisaient de l’eau. On a retrouvé des écrits témoignant de l’odeur nauséabonde diffuser par ces points d’eau…

L’église collégiale Saint-Gal

Au XIIème siècle fut construite l’église Saint-Gal, qui devient chapitre collégial en 1490. Là, se perpétua, cette curieuse habitude d’utiliser les lieux de culte comme nécropole. Les chanoines étaient inhumés devant le maître-hôtel et la chapelle Sainte-Catherine était la dernière demeure des seigneurs et marquis de Langeac et de La Rochefoucauld, la chapelle « Obscure » étant réservée aux seigneurs de Chilhaguet, tandis que les autres chapelles et le chœur se répatissaient les familles de notables, marchands, commerçants, laboureurs, vignerons…
Et les autres ? Les gens du peuple étaient enterrés dans des fosses creusées sous les dalles de la nef ; ils furent ainsi plusieurs milliers à y avoir leur dernière demeure (entre 4000 et 6000 corps).
Les emplacements mortuaires se transmettaient par héritage, donation, vente. Le chapitre percevait une redevance ou des legs parfois importants. Lorsque la ville close est devenue trop petite, des habitations ont été construites hors des murs et des cimetières également.

Le cimetière Saint-François
Il est aménagé vers le XVème siècle à l’emplacement de l’actuelle place Jules-Maigne. A proximité vont se créer les couvents des Capucins (1631) et Sainte-Marie (1645) et les habitations s’édifient peu à peu sur le pourtour du cimetière.
Au début, il est destiné à la petite classe de la population. Les épidémies, le manque d’hygiène, la mortalité infantile, la durée de vie très courte pour beuacoup de gens, font que les inhumations sont nombreuses, les fosses sont creusées souvent au hasard ; seuls les monuments funéraires sont respectés.

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